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Sous la lune de l'esturgeon : un rituel d'ouverture du oœur

  • Photo du rédacteur: Carol Chamane
    Carol Chamane
  • 8 août 2025
  • 7 min de lecture

En cette nuit d'août, je sens son appel. La lune de l'esturgeon se lève, majestueuse et dorée, portant en elle les promesses d'abondance que nos ancêtres connaissaient si bien. Je me prépare à l'accueillir, le cœur ouvert, l'âme réceptive à ses enseignements millénaires.


L’appel de la lune de l’esturgeon

Il y a quelque chose de magique dans cette soirée d'août. L'air est encore chaud des caresses du soleil couchant, mais une fraîcheur subtile commence à danser sur ma peau, annonçant la venue de la nuit. Je sens mes sens s'éveiller, comme si chaque cellule de mon être reconnaissait l'approche de ce moment sacré. La lune de l'esturgeon va bientôt apparaître, et avec elle, cette énergie particulière qui fait vibrer mon âme depuis des années.


Les racines amérindiennes de la lune de l’esturgeon

Je me souviens de la première fois où j'ai entendu parler de cette lune. C'était il y a longtemps, dans les pages jaunies d'un livre sur les traditions amérindiennes. Les peuples autochtones d'Amérique du Nord l'avaient nommée ainsi car c'était le moment où les esturgeons, ces poissons anciens et majestueux, remontaient en abondance dans les Grands Lacs. Une période de récolte, de prospérité, où la nature offrait généreusement ses trésors à ceux qui savaient l'écouter.


Aujourd'hui, alors que je me prépare à honorer cette lune, je ressens cette même gratitude profonde envers l'abondance qui m'entoure. Pas seulement l'abondance matérielle, mais celle du cœur, de l'esprit, de toutes ces petites merveilles quotidiennes que je prends parfois pour acquises. La lune de l'esturgeon me rappelle que l'abondance n'est pas seulement ce que je reçois, mais aussi ce que je donne, ce que je partage, ce que j'offre au monde avec un cœur ouvert.


Préparer un autel pour accueillir l’abondance

Mes pieds nus foulent l'herbe encore tiède de mon jardin. Chaque pas me connecte davantage à Gaïa, la Terre-Mère qui nous nourrit sans compter. Je me dirige vers mon olivier, cet arbre centenaire qui a vu passer tant de saisons, tant de lunes. Ses branches argentées murmurent des secrets dans la brise légère de la nuit.


C'est à ses pieds, que j'ai choisi d'installer mon autel. Un simple espace sacré où mon intention peut prendre forme. Je dépose délicatement une couverture blanche sur la terre, créant une frontière symbolique entre le quotidien et le sacré. Mes gestes sont lents, intentionnels, emplis de cette révérence que je ressens toujours quand je prépare un rituel.


Bougies, encens et pierre de citrine : les alliés du rituel

Les bougies dorées viennent en premier. Trois d'entre elles, disposées en triangle, représentant la trinité de l'être : corps, âme et esprit. Leur couleur dorée évoque la lumière solaire qui se reflète sur la lune, cette alchimie céleste qui transforme la nuit en jour argenté. Quand j'allume la première flamme, je sens immédiatement l'espace se transformer. La lumière danse, créant des ombres mouvantes sur l'écorce rugueuse de l'olivier, et je sais que le rituel a commencé.


L'encens de myrrhe vient ensuite. Cette résine sacrée, utilisée depuis l'Antiquité pour élever les prières vers les cieux, libère son parfum envoûtant dans l'air nocturne. L'odeur est complexe, à la fois terrestre et céleste, amère et douce. Elle me transporte dans un état de conscience modifié, où le temps semble suspendu et où chaque sensation devient plus intense.


Au centre de mon autel, je place ma citrine. Cette pierre dorée, chaude sous mes doigts, pulse d'une énergie particulière. On dit qu'elle attire l'abondance, Mais pour moi, elle est le symbole de cette lumière intérieure que nous portons tous, cette capacité à transformer les expériences les plus sombres en sagesse, les défis en opportunités de croissance.


Je prends la pierre dans mes mains et la réchauffe contre mon cœur. Ses facettes naturelles captent la lumière des bougies, créant des reflets dorés qui dansent sur mes paumes. Je sens sa vibration, subtile mais présente, qui résonne avec quelque chose de profond en moi. C'est comme si elle me rappelait que l'abondance véritable ne vient pas de l'extérieur, mais jaillit de cette source inépuisable que nous portons en nous.


L’émergence de la lune et son message d’abondance

Et puis, elle apparaît. D'abord timidement, comme un croissant doré à l'horizon, puis de plus en plus majestueuse, jusqu'à trôner dans le ciel étoilé comme une reine bienveillante. La lune de l'esturgeon, dans toute sa splendeur. Son éclat argenté baigne mon jardin d'une lumière douce et mystérieuse, transformant chaque fleur, chaque brin d'herbe en joyau scintillant.


Je lève les yeux vers elle et sens immédiatement cette connexion ancestrale qui unit tous les êtres humains à notre satellite naturel. Combien de générations avant moi ont contemplé cette même lune ? Combien d'âmes ont trouvé réconfort et guidance dans sa lumière ? Je ne suis qu'un maillon dans cette chaîne infinie de chercheurs spirituels, et cette pensée m'emplit d'une humilité profonde.


Une lumière dorée, un appel intérieur

La lune semble me regarder, et dans son regard silencieux, je lis une invitation. Une invitation à m'ouvrir, à lâcher prise, à faire confiance au processus mystérieux de la vie. Elle me rappelle que, comme les esturgeons qui remontaient les rivières en cette saison, il est temps pour moi de remonter vers ma source, de retrouver cette abondance naturelle.


Le dialogue avec la lune de l’esturgeon

Je ferme les yeux et en murmurant je lui demande de m'enseigner ses secrets, De me montrer comment ouvrir mon cœur à l'abondance infinie qui m'entoure.


Écouter les cycles, recevoir ses enseignements

Et dans le silence qui suit, je sens sa réponse. Pas en mots, mais en sensations, en images qui émergent de mon inconscient, en compréhensions soudaines qui illuminent mon esprit. Elle me parle de cycles, de cette danse éternelle entre donner et recevoir qui régit toute vie. Elle me montre que l'abondance n'est pas un état statique, mais un flux constant, comme les marées qu'elle influence de sa gravité bienveillante.


"L'abondance," semble-t-elle me dire, "n'est pas dans l'accumulation, mais dans la circulation. Comme l'eau qui stagne devient impure, l'énergie qui ne circule pas se corrompt. Ouvre tes mains, ouvre ton cœur, laisse couler à travers toi les bénédictions de l'univers."


Je comprends alors que mon rituel ne consiste pas seulement à recevoir, mais aussi à donner. À offrir ma gratitude, mon amour, mon intention pure à cette terre qui me porte et à cette lune qui m'éclaire. Je prends une poignée de terre à mes pieds et la laisse couler entre mes doigts, symbolisant ma volonté de rendre à Gaïa ce qu'elle m'a donné.


L’ouverture du cœur sous la lumière lunaire

Assise en tailleur sur ma couverture blanche, je pose mes mains sur ma poitrine. La méditation commence sans effort, comme guidée par la lune de l’esturgeon.

 J’inspire profondément, laissant l’air nocturne emplir mes poumons. J’expire, relâchant tensions et doutes.


 Peu à peu, je sens mon cœur s’ouvrir – une véritable ouverture du cœur, presque tangible. Une chaleur douce se déploie, comme un bourgeon qui s’éveille.


Lâcher-prise et vulnérabilité sacrée

 Ouvrir son cœur, c’est aussi accepter sa vulnérabilité. Les souvenirs affluent : les fois où je me suis protégée, fermée par peur ou habitude.


 Mais au lieu de culpabilité, je ressens une profonde compassion pour ces fragments de moi-même qui n’osaient plus aimer.


 Je me murmure doucement : “Il est temps de faire confiance à nouveau. De croire en la bonté de la vie et en l’abondance de l’univers.”


La danse de l’abondance : entre Gaïa et les derviches

Sous la lumière argentée, je me lève. Au début, mes gestes sont lents, presque timides, puis ils s’élargissent, deviennent un langage instinctif. Ce n’est pas une danse apprise, mais un souffle, une prière en mouvement.


Un mouvement qui relie ciel et terre

Une main tendue vers le ciel, l’autre vers la terre, mes pieds glissent sur le sol, caressant la peau vivante de Gaïa. Et soudain, un souvenir me traverse : celui des derviches tourneurs que j’ai vus, ces silhouettes en spirale, leurs bras ouverts pour relier la Terre et le Ciel.

Leur danse n’est pas une simple chorégraphie ; c’est une offrande, un abandon, un dialogue avec l’invisible.


Alors moi aussi, je me laisse entraîner. Mes pas décrivent de petits cercles, comme si mon corps connaissait déjà ce mouvement ancien. Je tourne, doucement, puis un peu plus vite, et dans ce vertige sacré, je sens l’ouverture du cœur s’amplifier.


Chaque pas devient gratitude, chaque mouvement une prière silencieuse. Je danse pour l’abondance qui circule en moi, pour l’amour qui m’entoure, pour la lumière de la lune de l’esturgeon qui éclaire mes gestes.


Et dans ce tourbillon, quelque chose se dissout : les frontières entre moi et le monde. Je ne suis plus seulement “moi”. Je deviens souffle, je deviens offrande, je deviens un fil dans le grand tissage de l’univers.


Exprimer sa gratitude à la lune et à Gaïa

Quand la danse s’apaise, je reviens m’asseoir. Les bougies se sont consumées un peu, l’encens dessine ses dernières volutes, la citrine brille doucement.


Dire merci, semer des graines de lumière

 Je prends un moment pour remercier.


 Les évidences d’abord : la santé, un toit, les visages que j’aime. Puis viennent les remerciements plus subtils : les défis qui ont fait grandir, les douleurs qui ont enseigné la compassion, les échecs devenus des tremplins.


 Je murmure :  “Merci, lune de l’esturgeon, pour ton rappel d’abondance. Merci, Gaïa, pour ta générosité sans fin. Merci, univers, pour cette danse de donner et recevoir.”


 Des larmes coulent sur mes joues, non de tristesse, mais de pure ouverture du cœur – ce sentiment rare d’être pleinement reliée au monde.


Retour à l’ordinaire, le cœur toujours ouvert

Emporter l’énergie de la lune dans la vie quotidienne

La nuit avance, et je sais qu’il est temps de clore le rituel. Mais ce rituel ne “se termine” pas vraiment.


 Il s’intègre, devient une part de moi.


 J’éteins les bougies une à une. La fumée fine s’élève, mais leur lumière brille encore dans mon cœur.


 Je serre la citrine dans ma main ; demain, elle reposera sur mon bureau, me rappelant chaque jour que l’abondance et l’ouverture du cœur sont déjà là, en moi.


Réflexions sous les étoiles : un nouveau chapitre

Allongée dans mon lit, la fenêtre ouverte pour laisser entrer la lumière de la lune de l’esturgeon, je repense à cette nuit. Chaque sensation est encore vive : la douceur de l’herbe sous mes pieds, la chaleur des bougies sur mon visage, le parfum de la myrrhe, la vibration douce de la citrine dans mes mains. Mais au-delà des images, une certitude nouvelle s’installe. L’abondance n’est pas un trésor à trouver ailleurs. C’est un état d’être, une ouverture du cœur qui transforme notre regard sur le monde.


Quand notre cœur est ouvert, tout change. Les défis deviennent des enseignements, les obstacles se font ponts, et chaque instant ordinaire se pare d’un éclat sacré. La lune de l’esturgeon m’a murmuré cette vérité : nous vivons dans un univers infiniment généreux. Il suffit d’oser ouvrir son cœur pour que la vie nous réponde.


Et alors que je m’endors sous sa lumière bienveillante, je sais que cette nuit marque un nouveau chapitre de mon existence.


Un chapitre écrit avec l’encre dorée de l’abondance, sur les pages blanches d’un cœur grand ouvert aux merveilles infinies de l’univers.


Que cette lune de l'esturgeon vous inspire, vous aussi, à ouvrir votre cœur à l'abondance qui vous entoure. Que vous trouviez, dans sa lumière dorée, le courage de danser avec la vie, de faire confiance au processus mystérieux de l'existence, et de reconnaître en vous cette source inépuisable de richesse qui n'attend que votre permission pour se déployer dans toute sa splendeur.



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