Paktaqan, de Mabon à Samhain : l’héritage spirituel des peuples turcs
- Carol Chamane

- 22 sept.
- 3 min de lecture
Paktaqan, l'automne, de Mabon à Samhain. Après avoir exploré la roue de l’année celte à travers ses propres divinités, puis sous le regard de la mythologie grecque, je vous invite à découvrir l’héritage spirituel des peuples turcs anciens. A travers mes récits, ils vous offrent une autre façon d'honorer le passage des saisons.
Lorsque les derniers épis d’or ont été fauchés et que les champs se dénudent, un silence sacré s’installe. L’air, vibrant du bourdonnement des abeilles et du chant des moissonneurs, se charge désormais du parfum profond de la terre humide et des feuilles qui retournent à la poussière.
C’est le temps de Paktaqan où la vie exubérante de l’été s’efface pour laisser place au grand sommeil de l’hiver.
Paktaqan, de Mabon à Samhain
Dans l’héritage spirituel des peuples turcs anciens, Paktaqan, de Mabon à Samhain est un voyage intérieur. Elle raconte la descente des esprits de la nature vers le royaume d’Erlik Khan, maître des profondeurs, et nous invite aussi à suivre leur chemin pour découvrir les trésors enfouis dans nos propres ombres.
Mabon : équilibre entre lumière et obscurité
À Mabon, l'équinoxe d'automne, le jour et la nuit se tiennent en parfait équilibre. C'est un moment de grâce suspendue, où la lumière et l'obscurité se regardent dans les yeux avant que la balance ne bascule définitivement vers la moitié sombre de l'année.
Les İye, gardiens invisibles des champs et des céréales
C'est à ce moment, dans le silence de l’automne, que les İye, ces esprits gardiens de la mythologie turque, sentent l’appel des profondeurs. Les Yer iyesi, esprits de la terre, qui ont dansé tout l'été avec le vent et nourri les tiges de leurs souffles invisibles, préparent leur lente migration vers le bas, vers le royaume d'Erlik.
Le voyage des esprits vers Erlik Khan
A Paktaqan, de Mabon à Samhain, les esprits de la nature entreprennent leur descente progressive vers le monde souterrain. Un voyage initiatique vers les profondeurs de la Terre-Mère.
Erlik Khan, gardien des mystères souterrains
De gardiens de la croissance visible, les İye deviennent les protecteurs des semences endormies, les gardiens des rêves de la terre. Ils descendent couche par couche, traversant les strates de la conscience terrestre, jusqu'à atteindre le royaume d'Erlik Khan, le souverain du monde souterrain.
Erlik Khan est le grand gardien du grenier de l'âme du monde, celui qui recueille les esprits fatigués. Dans son palais de cuivre, symbole du lien indéfectible avec la Terre, et aux meubles d'or, éclat d'immortalité et de lumière éternelle, il préside aux mystères de la transformation, veillant sur le potentiel de vie en dormance.
Samhain : L'achèvement du voyage
Quand arrive Samhain, la descente est achevée et le voile entre les mondes s'amincit considérablement. C'est le moment où, dans la tradition celte, les aos sí, les esprits et les fées, peuvent plus facilement franchir la frontière entre les mondes.
Quand les mondes se rejoignent
Avec les esprits de la nature désormais installés dans les profondeurs, les chemins entre les dimensions sont libres, les passages dégagés. C'est pourquoi Samhain est traditionnellement le moment où les âmes des défunts peuvent revisiter leurs foyers, où les ancêtres se rapprochent des vivants.
Les anciens Celtes, comme les chamanes turcs, laissaient des offrandes pour les esprits, mettaient un couvert à table pour les morts, allumaient des feux pour guider les âmes errantes. Ils savaient que pour que la communauté survive à l'hiver, il fallait honorer les forces invisibles et maintenir l'alliance sacrée avec le monde souterrain.
La récolte intérieure
Mabon, un moment de gratitude
Ce voyage des esprits à Paktaqan nous invite à notre propre descente intérieure. À Mabon, nous pouvons commencer par faire le bilan de notre année, reconnaître nos récoltes personnelles, exprimer notre gratitude pour ce qui a grandi en nous. Puis, progressivement, nous pouvons nous préparer à lâcher prise, à laisser mourir ce qui ne nous sert plus.
Comme les İye qui confient leurs trésors à Erlik Khan, nous pouvons confier nos graines d'intention, nos rêves les plus profonds, à la sagesse de notre inconscient. C'est un temps d''introspection pour découvrir les trésors cachés de notre âme.
Honorer nos ancêtres à Samhain
À Samhain, quand la descente est achevée, nous pouvons honorer nos propres ancêtres, communier avec la sagesse de ceux qui nous ont précédés, et nous ouvrir aux messages de notre propre monde intérieur. Car c'est dans cette mort apparente, dans ce silence fertile, que se prépare, dans le plus grand secret, la résurrection du printemps.
En cette saison de pénombre croissante, suivons l'exemple des esprits de la nature. Descendons avec confiance vers nos propres profondeurs, confiant qu'Erlik Khan, gardien des transformations, veille sur notre sommeil automnal et protège les graines de notre renaissance à venir.
Ainsi débute Paktaqan
Ainsi débute Paktaqan, saison de descente et de silence. Mais dans l’héritage spirituel des peuples turcs anciens, se prépare déjà, la prochaine étape de ce voyage sacré, Paynaqan, l'hiver.


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